C’était une journée comme les autres.

C’était une journée comme les autres. Un lundi. Nous étions en vacances en Dordogne.

Les vacances s’annonçaient d’ailleurs épiques. À peine arrivés dans la maison que nous avions loué que nous avions dû faire plus d’une heure de ménage. Maison inhabitée pendant plusieurs mois et donc dégeulasse. Après avoir roulé plusieurs heures, avec des enfants chiants, mes parents avaient dû se farcir le nettoyage. Je me souviens d’ailleurs de papa qui avait appelé le propriétaire de la maison pour se plaindre. « Dans le contrat il est dit que je devais laisser la maison dans l’état où je l’ai trouvé, ce sera IMPOSSIBLE Monsieur ! ».

Et puis le dimanche, nous étions restés assez tranquillement. Une petite balade certainement. Mais j’avoue ne pas m’en souvenir. Je me souviens juste que mon papa avait passé un coup de fil à sa sœur, en vacances dans le même coin que nous, pour que nous puissions nous voir. Je me souviens que j’avais bien avancé dans ma première lecture de Harry Potter et la Coupe de Feu ce jour-là.

Et vint le lundi. Le pire lundi de ma vie.

Nous étions allés faire des courses pour la semaine de vacances, les parents nous avaient acheté plein de petites choses qu’on ne mange qu’en vacances, des petits plaisirs.
Notre portable-cabine téléphonique sonne alors que nous sommes en train de ranger. Ma grand-mère qui laisse un message où elle dit ne pas reconnaître la voix sur le répondeur. On la rappelle tout de suite. Elle ne devait nous appeler qu’en cas d’urgence.

Et puis là, j’ai juste le souvenir d’une vague de froid. Même si ce n’est certainement pas arrivé. Tout qui s’écroule autour de nous.
Des pleurs.
Et ma sœur, d’à peine plus de trois ans qui demande « Pourquoi tu pleures Papa ? » « Parce que je l’aimais beaucoup S. »
Le reste de la journée est passé comme dans un cauchemar. Préparer notre retour, rappeler le propriétaire pour lui dire qu’on partait le lendemain, ma tante pour lui dire qu’on ne se verrait pas…

Et puis repartir. Tout en sachant qu’on ne pourrait jamais plus le revoir. Que celui avec qui on avait tant ri à peine une semaine avant ne serait plus jamais là. Que mon cousin adoré ne me ferait plus rire.

Je me souviens de tout comme si c’était hier. Pourtant, c’était il y a plus de 13 ans.
Je n’oublierai jamais rien. Surtout pas Lui.

Et il y a des jours comme aujourd’hui où il me manque plus que d’autres.

C’était une journée comme les autres et pourtant depuis, nos vies n’ont plus été les mêmes.

Publicités

4 réflexions sur “C’était une journée comme les autres.

  1. d181780@trbvm.com dit :

    C’était une journée comme les autres. Tu as raison. Voici, mon souvenir de ce lundi.

    Ce Lundi, je ne m’étais pas levé particulièrement tard. De toutes façons, je n’ai jamais été du genre à trainer au lit. J’étais seul à la maison ce matin là. Papa et Maman étaient au travail, et pour moi c’était les vacances: mon job d’été ne commençant qu’en Aout.
    Il faisait déjà chaud dehors mais frais dans la maison. Les fenêtres étaient grandes ouvertes presque dans toutes les pièces, mais les volets en bois étaient encore, pour la plupart, fermés ou entre-ouverts. J’aimais bien les matins comme ceux-là. La maison était calme et rien qu’à moi. Faire un peu de rangement dans la cuisine, mettre la table et le couvert pour tout le monde et mettre à réchauffer les plats que maman avait préparé, étaient mes seules tâches.
    Du coup, ça me laissait généralement un peu de temps pour jouer à la playstation.

    A peine sorti de la douche, j’étais juste habillé. Il était avant 11h, peut-être même 10h30, le téléphone sonnait.
    « Allo » »Allo? …Allo F…. C’est tata P…… »

    La conversation fût brêve, mais d’une violence froide. Je n’ai pas bougé du salon, je n’ai pas le souvenir d’avoir pleuré. Je n’ai pas compris. Je suis resté assis.

    Midi, maman est arrivée, elle est passée par l’arrière cuisine, elle s’est arrétée à l’entrée du salon. On s’est regardé. Elle a tout de suite compris que quelque chose de grave venait d’arriver. Je me suis mis à pleurer en essyant tant bien que mal à lui annoncer la nouvelle. C’est là que j’ai compris.

    La table n’était pas mise, les plats sont restés froid.

    C’était une journée comme les autres et puis, elle a changé tellement de choses.

    J'aime

Votre avis m'intéresse !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s